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Verizon : l'industrie soulagée, le client en attente

 

Par Michel Munger

 

L'industrie du mobile est soulagée par la fin de la «menace Verizon», tandis que le consommateur doit attendre pour bénéficier d'une plus grande concurrence.

Le manque d'intérêt du titan américain fera baisser les prix lors de l'enchère de spectre de basse fréquence (700 MHz) de janvier, prédisent des analystes financiers.

«Il est très possible que les fournisseurs établis dépensent moins que les 700 millions $ que nous avons prévu, a avancé Adam Shine, à la Financière Banque Nationale. La même chose pourrait être dite de notre prévision de 300 millions $ pour Québecor.»

Cette dernière sera privilégiée, a ajouté Maher Yaghi, chez Valeurs mobilières Desjardins. «Si Verizon n'est pas présente, ils sont en réalité dans une très forte position pour acquérir un bloc de spectres qui ne coûtera pas très cher.»

L'industrie n'affrontera pas un quatrième concurrent solide dans l'immédiat, a signalé Carmi Levy, analyste indépendant en télécoms.

 

MÉCONTENTEMENT

«Il y a un fossé entre le gouvernement qui veut accroître la concurrence, qui pensait y arriver avec Verizon, et la réalité d'aujourd'hui, a soutenu M. Levy. Ottawa a déjà imposé un délai pour l'enchère en janvier. Il devra procéder et laisser les jetons tomber en place.»

Carmi Levy croit cependant que les Américains n'ont pas encore fermé la porte à une expansion canadienne. «Une fois que Verizon aura conclu sa transaction avec Vodafone, elle ne sera plus distraite. Une autre compagnie, comme AT&T, a certainement la capacité de venir ici.»

Selon lui, le marché canadien est encore une bonne occasion d'affaires pour ces sociétés. «Le taux de pénétration du sans-fil est relativement bas [NDLR: 78,2 % de la population en 2011].

Le seul problème, pour Industrie Canada, c'est que leur arrivée ne se produit pas maintenant.»

 

PATIENCE POUR LE CONSOMMATEUR

Le client devra s'armer de patience quant à l'arrivée de cette nouvelle concurrence, a soutenu l'analyste. «Ce sur quoi il faut porter l'attention est le diagnostic à long terme. Industrie Canada est déterminée à amener du changement sur le marché.»

La solution passe par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), affirme Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques (IGOPP).

«On devrait demander aux trois grands (Bell, Rogers, Telus) et à Vidéotron de mettre en place des règles du jeu qui augmentent la concurrence, raconte-t-il. Ils doivent être forcés d'offrir de meilleurs services et de meilleurs prix. L'option étrangère n'est pas bonne.»

 

OUVRIR LE JEU

L'analyste Carmi Levy ne partage pas ce dernier point. «Je vois encore une marge pour changer les règles sur la propriété étrangère, a-t-il lancé. Le gouvernement pourrait les assouplir davantage pour rendre plus facile la tâche de venir au Canada et d'y rester.»

À l'heure actuelle, les étrangers ne peuvent pas détenir plus de 10 % d'une société de télécoms, dont la part de marché dépasse 10 %.

L'analyste fait écho aux propos d'un chercheur de l'Institut Fraser. À la fin d'août, une note de Steven Globerman estimait que les investisseurs étrangers forceraient l'industrie à être plus efficace.

 

03/09/2013

CANOE.CA