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Ubisoft, une éclaircie pour l'industrie ?

 

Par Gérald Fillion

 

Derrière l’annonce d’Ubisoft ce matin à Montréal, annonce d’un investissement de 373 millions de dollars d’ici 2020, il y a une réalité qu’il est important d’expliquer : le développement du secteur se déroule à vitesse grand V et plusieurs acteurs de l’industrie ont du mal à suivre la parade ! Ubisoft se lance dans le jeu en ligne, ce que d’autres ont fait il y a longtemps. Et, avec l’aide du gouvernement du Québec, l’entreprise écrit, dans son communiqué, qu’elle « vise » la création de 500 emplois.

 

Un marché en mutation

Les entreprises éprouvent des difficultés parce que la concurrence est forte, le secteur bouge rapidement avec le développement exponentiel du jeu en ligne. De plus, chaque jeu nécessite une phase de recherche et développement importante et coûteuse. Le résultat n’est pas toujours celui qui est attendu par le public. Des jeux qui semblent exceptionnels sont souvent boudés par la clientèle. Les grosses machines à jeux, comme Ubisoft, s’appuient sur des succès commerciaux comme Assassin’s Creedpour prendre des risques et tenter de trouver de nouveaux succès. Mais, il y a plus de ratés que de victoires…

Dans les derniers mois, plusieurs studios ont fermé à Montréal et des centaines d’emplois ont été perdus. Electronic Arts a fermé son studio Playing Mantis, perte de 200 emplois. Plus tôt dans l’année, le groupe a aussi fermé son studio Visceral Games.

Un autre acteur important du secteur Funcom a annoncé des suppressions d’emplois à deux reprises pour un total de 130 à 140 employés remerciés à Montréal. Le directeur du studio de Montréal a aussi quitté l’entreprise.

D’ailleurs, signe que l’industrie se transforme dans un contexte extrêmement concurrentiel, il y a beaucoup de mouvement dans le secteur. En plus du départ de Miguel Caron chez Funcom, Ubisoft a remercié Patrice Desilets et Jean-François Boivin après avoir racheté THQ, un autre studio de jeux qui était en difficulté. Il y a quelques jours à peine, le directeur des projets spéciaux et des relations institutionnelles d’Ubisoft Philippe Turp a annoncé son départ de l’entreprise. Il y a aussi le fondateur et directeur général d’Eidos Stéphane D’Astous qui a démissionné cet été.

 

On subventionne quoi au juste ?

Il faut ajouter un élément important ici, que je me permettrais d’apporter sous forme de questions : se pourrait-il que certaines multinationales tirent le maximum des crédits d’impôts et une fois rassasiées, se tournent vers d’autres marchés, ailleurs dans le monde, pour poursuivre leur développement ? Est-ce que le gouvernement fait un bon suivi de l’impact réel des avantages fiscaux offerts ?

Bernard Landry a mis en place en 1996 un crédit d’impôt pour titres multimédia qui a mené au développement d’un pôle exceptionnel de création de jeux vidéo à Montréal. Tout le monde a salué cette initiative de l’ancien ministre des Finances et ancien premier ministre du Québec. Bernard Landry en tire d’ailleurs une grande fierté. Et pour cause puisqu’il n’y a pas beaucoup d’annonce dans ce secteur qui se font sans faire référence au travail de Bernard Landry.

Cela dit, ce crédit d’impôt est-il encore justifié aujourd’hui ? Oui, répond le gouvernement du Québec qui vient d’en modifier deux aspects importants : l’accès au crédit d’impôt ne sera plus limité à 3 ans, mais sera disponible tant que le jeu créé existera avec toutes les phases d’ajustement qui suivront. Et puis, le crédit sera disponible à de nouvelles catégories de postes dans l’industrie du jeu vidéo. Autrement dit, à un moment névralgique de l’avenir du jeu vidéo à Montréal, Québec ouvre les vannes.

En vertu de ce crédit d’impôt, en 2012,  les congés d’impôts pour les entreprises du secteur ont totalisé 128 millions de dollars. Pouvons-nous en mesurer toutes les retombées ? Est-ce que ces subventions sont toujours nécessaires et assurent-elles le maintien des entreprises à Montréal ? A-t-on raison d’appuyer financièrement le maintien des activités d’une entreprise après l’avoir soutenu durant la phase de démarrage ?

 

Le 30 septembre 2013

radio-canada.ca