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L'offre de Siemens et Mitsubishi sur Alstom en cinq points clés

Par Manuel Moragues - Publié le 17 juin 2014, à 06h46


Plus question d'Airbus de l'énergie, ni d'Airbus du rail ! L'offre germano-nipponne sur Alstom, dévoilée lundi 16 juin en fin d'après-midi, est avant tout une proposition d'alliances multiples avec Mitsubishi Heavy Industries. Siemens ne s'octroierait au passage que les turbines à gaz du français. Au total, 7 milliards d'euros seraient offerts en numéraire à Alstom.

 

1. MHI entre au capital d'Alstom en rachetant une partie des parts de Bouygues.

Le japonais prévoit d'abord de "devenir un actionnaire de référence engagé sur le long terme en proposant de reprendre jusqu'à 10% de participation à Bouygues". Une participation similaire de l'Etat a été évoquée par ailleurs. L'ensemble représenterait environ les deux tiers des 29,6% de Bouygues, soit un montant d'environ 1,5 milliard d'euros. Soit encore à peu près ce que Bouygues pourrait espérer retirer sous la forme de dividendes exceptionnels avec le rachat du pôle énergie d'Alstom par GE.


2. MHI prend des participations minoritaires dans la vapeur, l'hydroélecricité et les réseaux

MHI apporte une vraie alternative à l'offre de rachat de General Electric en proposant une stratégie d'alliance industrielle à Alstom. Le japonais propose de créer trois coentreprises avec Alstom en rachetant 40% de l'activité turbines à vapeur du français (celles pour le nucléaire inclus), 20% de ses actifs dans les réseaux électriques et 20% de l'activité hydroélectricité d'Alstom. Le tout pour 3,1 milliards d'euros.

MHI propose dans ce cadre de conclure plusieurs accords de coopération avec Alstom dans la R&D, la mutualisation des achats, le partage des meilleurs pratiques dans la production, les contrats clés en mains, les services et la commercialisation des produits d'Alstom et de la nouvelle coentreprise MHI-Hitachi dans les centrales thermiques, MHPS. Un périmètre de coopération qui dessine en creux le possible écueil de cette alliance : comment les deux partenaires gèreraient-ils la concurrence entre leurs offres assez proches dans la vapeur et l'hydroélectricité ?

3. Siemens se borne à racheter l'activité turbines à gaz d'Alstom

Bien loin de ses prétentions initiales et comme cela se dessinait depuis la semaine dernière, Siemens n'est qu'un acteur minoritaire de l'offre rivale de celle de General Electric. L'allemand se borne à proposer de racheter "100% de l'activité d'Alstom dans les turbines à gaz, en incluant les contrats de service afférents, pour un montant en numéraire de 3,9 milliards d'euros". Outre le fait que la séparation des activités d'Alstom dans le gaz et dans la vapeur ne sera pas simple, la proposition de Siemens pourrait bien pénaliser l'offre germano-nipponne en amputant Alstom d'une activité cruciale pour l'avenir.  

4. Le renforcement d'Alstom Transport est reporté à un futur indéterminé

Outre l'Airbus de l'énergie, la rhétorique de Siemens insitait sur le renforcement d'Alstom Transport - présenté comme indispensable - grâce à l'apport des actifs de l'allemand dans le ferroviaire, hormis sa précieuse et rentable activité dans la signalisation. Un apport dont la direction et les syndicats d'Alstom n'ont jamais voulu.

Il n'en est plus question aujourd'hui, sinon à travers une déclaration d'intention : "Siemens entend faire toute diligence pour étudier, de bonne foi, les solutions qui permettraient de créer un solide champion européen de dimension mondiale".

 

5. Les garanties sur l'emploi et les centres de décision s'alignent sur celles de GE

"Siemens entend assortir son offre d'une garantie de l'emploi sur trois ans en France et en Allemagne pour les activités cédées", précise le communiqué. Siemens reprend ici la garantie qu'il avait avancée dès le début… en l'étendant à l'Allemagne. MHI, lui, avance : "Cette alliance permettra de créer plus de 1000 emplois en France". Soit précisément autant que General Electric s'était engagé à créer.

La question des centres de décision se borne à celui de l'activité gaz rachetée par Siemens. Réponse : "Siemens prévoit d’implanter en France son siège européen pour les activités de service conjointes liées aux turbines à gaz." Cette proposition paraît très limitée, mais logique dans la mesure où l'essentiel de la fabrication des turbines à gaz d'Alstom est en Suisse (où est localisé le siège de cette activité) et en Allemagne.

 

Manuel Moragues