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L'innovation devant la compétitivité

 

Pour ce deuxième volet Stratégie, nous avons rencontré José Pedraza qui promeut Stratégie PME, initiée dans le réseau ACAMAS et destinée à aider les entreprises dans leur stratégie. À ce jour, près de 600 PME ont bénéficié d’un soutien en région Rhône-Alpes, et plus de 1000, au niveau national.

 

Le mythe de la performance

Depuis 40 ans, l’objectif est de faire travailler les entreprises sur l’augmentation de leur performance. Il y a eu le « juste à temps » ;  il y a maintenant le Lean Management. La recherche porte sur « produire plus avec moins (de matière, de personnel…) pour moins cher ». Il existe toujours une solution pour obtenir encore de meilleurs résultats, mais cette démarche a ses limites. Chaque gramme de matière économisée, chaque minute de production gagnée a un coût qui est de plus en plus élevé. Or, il peut s’avérer plus facile de vendre plus cher que de produire moins cher grâce à l’innovation.

En recherchant des axes différentiants (cf. fiches Innovation et Stratégie INDUSTRIE infos #10), il est possible de s’ouvrir de nouveaux marchés en arrêtant la course à la performance. La compétitivité ne fait pas tout et l’innovation peut y palier. Pour produire en France, aujourd’hui,  il faut être compétitif, c’est vrai. Mais il faut être innovant aujourd’hui pour produire demain !

 

Les ruptures technologiques

À un certain stade du développement de ses activités, l’entreprise doit rechercher les possibles ruptures technologiques. Il s’agit de pistes pouvant transformer totalement la production et la stratégie.

Prenons l’exemple de la mécanique constructive. Il s’agit d’une démarche qui consiste à construire à partir de poudre une pièce point par point. C’est la technologie de l’imprimante 3D qui connaît un développement fulgurant, cantonnée aux plastiques à ce jour mais ouverte aux métaux demain.

Cette démarche revient à penser autrement la conception de ses pièces. Là se situe l’innovation de rupture puisque l’on doit changer tout le référentiel. Cela implique de se doter de moyens financiers (le fruit de la productivité d’aujourd’hui) pour financer la recherche et la mise au point de la nouvelle technologie.

Aujourd’hui, plusieurs sociétés travaillent dans cette direction. Telle cette société de mécanique « standard » qui ressent la limite de son modèle économique et, donc, de sa croissance actuelle. Elle décide de créer un bureau d’études de pièces en mécanique constructive. L’objectif étant de piloter la conception qui va assurer la production de ces produits demain.

La mécanique constructive

Cette nouvelle technologie est le fruit d’une démarche engagée depuis une dizaine d’années autour de la technologie des poudres. Si dans un premier temps, il fallait cuire la pièce ainsi obtenue, on a découvert ensuite comment éviter la cuisson.

Le recours à cette nouvelle technologie peut être initié par des entreprises sollicitées par leur client pour chercher une solution à un problème qu’il ne sait pas résoudre. On constate aussi un usage développé dans des PME dirigées par des universitaires de formation qui donnent une place importante à la recherche fondamentale.

Cela demande du temps, donc des moyens (un centre d’usinage en mécanique productive coûte environ un million d’euros), mais l’histoire est en marche car les perspectives de développement sont énormes. À l’heure de l’économie circulaire et du besoin de prolonger la durée de vie des produits, on peut imaginer que d’ici 5 ans, quel que soit l’élément cassé à changer,, nous irons dans un Fab Lab, sorte de centre de production en libre-service, après avoir téléchargé sur le site du fabricant, le fichier du plan de la pièce à réaliser selon la technique de la mécanique constructive.

 

 

Le champ des possibles

Cet exemple de rupture technologique illustre une voie de progrès pour les entreprises. Elle s’intègre dans une exploration sociétale sous l’angle du champ des possibles, c’est-à-dire d’une vision qui va, en période difficile, de la sécurité ou du repli sur soi (= retour en arrière) au tout-en-avant avec, par exemple, une société complètement robotisée.

Dans ce vaste panorama, il faut trouver sa place, faire son choix pour situer les perspectives de ses activités : produire avec moins de matière ? Avoir une activité moins polluante ? Jusqu’où doit aller la course à la technologie ? La réponse à ces questions permet de se positionner pour les 5 ou 10 ans qui viennent et de trouver les voies de croissance de son activité.

 

 

 

Pour en savoir plus : CETIM (Villeurbanne) 04 72 44 59 00  - contact@strategiepme.fr

Comité Mécanique Ile de France (Cergy Pontoise) -   jrichomme@comitemeca-idf.com

Sur la mécanique constructive : le site du CETIM www.cetim.fr