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L'industrie navale en Bretagne, « Une filière qui s'en sort »

Les acteurs de la filière navale sont stables. Il y a une élévation des compétences vers l'ingénierie. Parfois au détriment des embauches locales en production.
 
 

Entretien avec Jacques Dubost, président de Bretagne pôle naval

Comment a évolué la construction navale en Bretagne ces dernières années ?

Les acteurs n'ont pas beaucoup changé. DCNS est toujours là sur le volet militaire. Et il y a toujours de beaux chantiers navals civils comme Piriou (Concarneau), STX (Lorient), Gléhen (Le Guilvinec), Bernard (Locmiquélic) ou Sobec (Brest). À Brest, Damen n'a fait que remplacer Sobrena pour la réparation navale. Il y a tout de même un nouvel acteur, Raidco, à Lorient, qui prend des contrats à l'étranger et fonctionne par exemple avec le chantier Ufast à Quimper. Si les acteurs sont stables, ils ont évolué. Piriou a senti le besoin d'aller construire à l'étranger. On ne fait plus de gros bateaux militaires à Brest, seulement à Lorient. DCNS Brest se spécialise dans la maintenance de sous-marins, mais va peut-être se développer dans les énergies marines. La compétitivité incite des rapprochements civil-militaire, on l'a vu entre Piriou et DCNS.

 

Et l'emploi ?

On compte entre 12 000 et 14 000 personnes en Bretagne. Ça a baissé c'est sûr. En 1972, DCNS Lorient employait 4 000 personnes et 2 000 sous-traitants. Aujourd'hui, c'est 1 800 salariés et 500 sous-traitants. Mais dans la crise, la navale est une filière qui s'en sort relativement bien. Et des secteurs ont progressé, comme l'ingénierie. Il y a une élévation du niveau local.

 

N'est-ce pas au détriment des emplois dans la production ? On voit de plus en plus de main-d'oeuvre intérimaire étrangère sur les chantiers, pour la soudure notamment...

Il y a une réflexion à mener à ce sujet. Il y a des raisons de coût et de flexibilité bien sûr. Je crois aussi qu'on manque de soudeurs. S'il n'y a pas de formations suffisantes, c'est peut-être parce que la demande n'est pas clairement exprimée par les industriels. La navale, ce sont des creux et des bosses. Les entreprises ont du mal à s'engager parce qu'elles manquent de visibilité. Mais la main-d'oeuvre qualifiée, c'était notre force. Il faut faire attention à la conserver. Il y a eu beaucoup de départs amiante à 50-55 ans sans beaucoup de passages de témoin.

 

On parle beaucoup d'énergies marines renouvelables : éoliennes offshore, hydroliennes... Une aubaine pour l'industrie navale ?

Oui sans doute. Mais quelle est la visibilité ? Quelle est la stratégie de l'État ? Il y a des délais qu'on ne maîtrise pas. Les consortiums qui ont remporté les parcs éoliens de Saint-Nazaire et Saint-Brieuc demandent aux industriels de s'investir. Mais il manque un calendrier précis. Au départ, l'État parlait de 6 000 MW posés en 2020. Aujourd'hui, on dit « engagés ». Et il n'y a que 3 000 MW de projets lancés. La première éolienne en mer devait être posée en 2014. Maintenant c'est plutôt 2018-2019. Heureusement, il y a aussi quelques signes forts, comme l'engagement de la Région à investir 150 millions d'euros sur le port de Brest.

 

 

Recueilli par Sébastien PANOU
Le 20 octobre 2013