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Ascometal : l’offre de reprise des industriels européens l’emporte en

Par Aurelie Abadie | 22/05 | 12:53 | mis à jour à 17:08
 

Le tribunal de commerce de Nanterre a choisi l’offre du consortium formé par des industriels européens sous la houlette de l’ancien directeur de cabinet d’Eric Besson, Frank Supplisson. Celle-ci conserve la quasi-totalité des emplois en France.

Le sort d’Ascometal est tranché. Jeudi matin, le tribunal de commerce de Nanterre a choisi, selon des sources syndicales, l’offre de reprise menée par Frank Supplisson, ancien directeur de cabinet d’Eric Besson au ministère de l’Industrie, qui a réuni à ses côtés l’ancien patron d’Arcelor, Guy Dollé, ainsi que Noël Forgeard, ex-patron d’EADS.

Ascometal, qui emploie 1900 personnes sur six sites industriels en France, a été placé en redressement judiciaire le 7 mars dernier. En quinze ans, l’aciériste n’a cessé de changer d’actionnaires  : après l’italien Lucchini et le russe Severstal, il est passé dans les mains du fonds Apollo via un montage en LBO, trop déséquilibré, qui s’est soldé par un dépôt de bilan.

L’offre du groupe d’industriels européens , qui propose d’injecter plus de 40 millions d’euros dans l’entreprise en fonds propres, repose sur un plan d’investissement de 135 millions d’euros sur quatre ans. Contrairement à ses concurrents qui souhaitaient abandonner l’usine du Cheylas, le consortium a proposé de reprendre l’ensemble des actifs et la quasi-totalité des emplois  : 1.820 sur 1.900.

 

Soutien de l’Etat

Un élément qui a fait pencher la balance du côté de l’offre française, malgré quelques incertitudes de départ sur son financement. L’Etat est ainsi venu soutenir le projet à travers un prêt du FDES (Fonds de développement économique et social) à hauteur de 35 millions d’euros et envisagerait, en outre, de faire entrer au capital d’Ascometal la banque publique d’investissement Bpifrance. La principale source de financement vient, toutefois, de deux fonds britanniques.

L’offre des industriels bénéficie également de l’appui de la CGT, premier syndicat de cette ancienne filiale d’Usinor spécialisée dans les aciers spéciaux pour l’automobile et le secteur pétrolier. « Le tribunal a fait le choix de l’offre la mieux disante industriellement, socialement et financièrement », se sont félicités Frank Supplisson et Guy Dollé dans une déclaration conjointe transmise à l’AFP après la publication du verdict.

Le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg a salué, quant à lui dans un communiqué, un « projet de reprise ambitieux qui prévoit de rétablir une réelle politique d’investissement, qui a tant fait défaut ces dernières années à ce fournisseur stratégique des filières énergie et transport françaises ». « Le redressement d’Ascometal passe aussi par la préservation de l’intégrité de la société et une attention particulière y sera portée », ajoute-t-il, appelant salariés et actionnaires à travailler ensemble afin de faire d’Ascometal « le leader des aciers spéciaux ».

 

L’offre du brésilien moins disante socialement

L’offre du sidérurgiste brésilien Gerdau , qui avait pourtant le soutien de l’administrateur judiciaire et du syndicat des cadres CFE-CGC, n’a pas été retenue. Si elle semblait plus solide sur le plan industriel et financier, le brésilien souhaitant apporter 75 millions d’euros en fonds propres, elle était moins favorable aux salariés. Le brésilien ne souhaitait en effet ne conserver que 1.400 salariés tout en procédant à 166 embauches, suscitant des inquiétudes des syndicats sur l’avenir du site de Fos-sur-Mer.

Autres candidats en lice, les anciens créanciers Bank of America et Merrill Lynch proposaient une reprise à 51 % par le fonds de retournement Anchorage, le reste du capital revenant aux deux banques. « Anchorage Capital Group regrette que son offre, intégralement financée et qui aurait permis d’assurer le redémarrage et le développement à long terme d’Ascométal, notamment de l’usine de Fos-sur-Mer, n’ait pas été sélectionnée », a réagi le fonds dans un communiqué. Anchorage « continuera à étudier d’autres opportunités d’investissement en France », ajoute-t-il.

Le fonds Apollo, ancien propriétaire, proposait quant à lui de conserver 1730 emplois sur 1900 et de céder les barrages, estimés à 55 millions d’euros. Malgré le soutien surprise d’Anne Lauvergeon , ancienne présidente du directoire d’Areva, son offre, handicapée par le passé du montage LBO, n’a pas convaincu.